Inégalités de distribution des contributions de la nature dans la métropole de Grenoble

Dans la région grenobloise, les populations urbaines vulnérables ont un accès raisonnable à des espaces verts de bonne qualité. Toutefois, des inégalités persistent en ce qui concerne la régulation des risques liés au changement climatique, comme la régulation de la température et la protection contre les inondations par la végétation.
La première étude du projet s’est concentrée sur la principale zone urbaine de la région d’étude : la métropole grenobloise. Les espaces verts urbains offrent de nombreux bénéfices importants - de la réduction des risques de chaleur et d’inondation à la fourniture de lieux de loisirs et de détente - essentiels au bien-être des habitants. Cependant, ces bénéfices - appelés contributions de la nature à l'homme, ou services écosystémiques - ne sont pas répartis équitablement entre les groupes sociaux.
La ségrégation environnementale, c’est-à-dire la séparation des groupes de population entre des zones présentant des qualités environnementales différentes, reste courante. Les recherches en justice environnementale ont montré que les quartiers à faibles revenus disposent souvent de moins d’espaces verts et de moindre qualité. Pourtant, pour soutenir une planification urbaine plus équitable, des évaluations plus fines sont nécessaires, tenant compte des différents types de services écosystémiques et des besoins diversifiés des communautés.
Dans cette étude, nous avons combiné des données spatiales socio-démographiques avec une modélisation spatiale des contributions de la nature afin d’examiner les inégalités dans la distribution de trois contributions clé - l’atténuation des vagues de chaleur, la régulation des inondations et les loisirs urbains - dans la métropole grenobloise. Pour le service de loisirs urbains, nous avons développé un nouvel indice combinant la qualité et l’accessibilité des espaces verts urbains.

Nos résultats montrent que les ménages à faibles revenus bénéficient généralement moins de la réduction des risques climatiques, mais disposent d’un accès similaire, voire légèrement meilleur, aux opportunités de loisirs. Nous observons également des décalages entre les zones où les services écosystémiques sont disponibles et celles où les groupes vulnérables en ont le plus besoin — en particulier dans les quartiers défavorisés.

Ces résultats soulignent la nécessité d’intégrer les besoins sociaux et les vulnérabilités dans les stratégies de végétalisation urbaine. Des politiques urbaines allant au-delà de la simple augmentation des surfaces vertes, et visant plutôt à fournir des contributions de la nature multiples et équitables, peuvent contribuer à garantir que toutes les communautés bénéficient d’une ville plus verte et plus résiliente.
L’étude a été publiée en ligne sous forme de prépublication et est actuellement en cours d'évaluation.

