Barrières d'accès aux contributions de la nature à la qualité de vie

Les barrières limitant l'accès à la nature et aux bénéfices qu'elle procure sont multiples. Elles incluent la disponibilité et la qualité insuffisantes des espaces verts et naturels, mais aussi leur sur-fréquentation, ainsi qu’un manque de temps ou de connaissances. Notre enquête montre que les personnes vivant en milieu rural, les hommes, ainsi que les individus disposant d’une bonne condition physique et de revenus élevés déclarent rencontrer moins de barrières. Avoir ainsi moins de limitations coïncide avec leur reconnaissance d’effets positifs de la nature sur leur qualité de vie.

La nature contribue à notre qualité de vie de multiples façons, qu’il s’agisse de la production de ressources (bois, alimentation), de la régulation des températures, ou encore d’activités récréatives telles que les promenades en parcs ou en montagne. Toutefois, ces contributions de la nature ne bénéficient pas de manière équitable à l’ensemble de la population. Différentes barrières peuvent en restreindre l’accès : physiques (qualité insuffisante des espaces verts, accès ou transports limités), légales (propriété privée), ou encore sociales et individuelles (sentiment d’insécurité, manque de temps, isolement social). Dans un contexte de déconnexion croissante envers la nature, ces obstacles risquent d’accentuer les difficultés d’accès pour certains groupes, avec des répercussions sur leur qualité de vie et un renforcement des inégalités sociales. Comprendre ces barrières selon les groupes sociaux, ainsi que leurs effets sur la connexion à la nature (le sentiment d'appartenance et de proximité avec le monde naturel qui nous entoure) et la qualité de vie, constitue ainsi un levier essentiel pour orienter les actions visant à garantir un accès équitable aux espaces verts et naturels. Ces questions ont été adressées dans le cadre de l'enquête menée en 2024.

Barrières d'accès à la nature

Les barrières les plus fréquemment mentionnées dépendent du type de contribution. L'accès aux contributions non-matérielles (valeur culturelle, loisirs en plein air) est principalement limité par le manque de temps et la sur-fréquentation des espaces naturels. Les contraintes perçues concernant les contributions matérielles (accès au bois et produits agricoles locaux) concernent principalement le manque d'espaces producteurs et de temps. Enfin, les contributions liées à la régulation des risques tels que la température, les crues, ou de la qualité de l'eau sont majoritairement limitées par la disponibilité et la qualité des espaces verts et naturels, ainsi que par un déficit de connaissances sur les lieux fournissant ces fonctions.


Fréquences des barrières par catégorie des contributions de la nature à l'homme. Adapté de Neyret et al. (en cours d'évaluation).
Inégalités d'accès et impact sur la qualité de vie.
  • Les hommes, les personnes résidant en milieu rural, ainsi que celles disposant de revenus plus élevés et d’une bonne condition physique déclarent moins de barrières et une plus grande satisfaction quant à l’accès à la nature et aux bénéfices qu’elles en retirent. À l’exception des revenus, ces facteurs sont également associés à un sentiment de meilleure connexion à la nature.
  • L’ensemble de ces déterminants contribue, de manière directe ou indirecte - via les barrières d’accès et le niveau de connexion à la nature - à une qualité de vie globalement plus faible pour les populations urbaines et pour les groupes socialement plus vulnérables, notamment les femmes, les personnes à mobilité réduite et les ménages à faibles revenus.
Le lieu de résidence, le genre, la mobilité physique et les revenus affectent la qualité de vie à la fois directement et indirectement, via une connexion à la nature plus élevée et des barrières d'accès réduites. Adapté de Neyret et al. (en cours d'évaluation).

L’étude a été publiée en ligne sous forme de prépublication et est actuellement en cours d'évaluation.